Des victimes… négligeables

Les victimes d’essais nucléaires dans les îles du Pacifique (Muruora, Polynésie Française, etc…) pouvaient bénéficier d’une certaine indemnisation depuis une loi Morin de 2010.

Cependant les conditions étaient extrêmement restrictives à telle enseigne que seule une vingtaine de polynésiens irradiés avaient pu obtenir réparation.

Le Ministère de la Défense et le Comité d’Indemnisation des Victimes des Essais Nucléaires (CIVEN) rejetaient l’essentiel des demandes d’indemnisation des victimes d’essais nucléaires sous prétexte que la probabilité d’un lien entre la maladie des victimes et les essais nucléaires était inférieur à 1%.

Les dossiers étaient rejetés au motif que l’impact des essais nucléaires était « négligeable ».

Autrement dit les victimes elles-mêmes l’étaient… !

Fort heureusement, une loi du 14 février 2017 vient de supprimer cette notion de risque négligeable.

Désormais les victimes des essais nucléaires pourront être mieux indemnisées.

La loi a banni cette odieuse qualification de « risque négligeable ».

Une telle affirmation était en tout état de cause profondément choquante voire même à certains égards insultante pour les populations concernées.

Justice leur est enfin rendue par cette nouvelle loi du 14 février 2017.

Etienne RIONDET
Avocat à la Cour


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